Nous organisions ce jeudi 28 notre 12ème afterwork dans les superbes locaux de Leboncoin. Pour l’occasion, nous avions choisi d’aborder un thème novateur, celui de l’innovation immobilière en Afrique.

En guise d’introduction, Audric Guillemin de LeBoncoin a rappelé tout l’intérêt qu’il portait aux startups de l’immobilier, en témoigne la présence au sein de son accélérateur de Solen (application mobile qui permet de mesurer la luminosité́ et l’ensoleillement d’un bien) et de Lok-iz (qui rémunère le bouche-à-oreille immobilier en transformant chaque internaute en apporteur d’affaire).

Bechu & Associé

En premier lieu, Clémence Béchu et Luca Bertacchi de Béchu & Associés ont exposé les vertus du biomimétisme dans la modélisation de projets innovants et durables. A cet effet, ils ont présenté le projet de la technopôle de Laâyoune, au sud du Maroc, une cité du savoir et de l’innovation. L’idée est ici d’observer les lignes du désert pour optimiser l’utilisation des vents, et ainsi obtenir un bâtiment passif énergétiquement (pour 80% de ses besoins). Le cabinet d’architecture sera d’ailleurs exposant au Biomim Expo du 23 octobre 2018 à la Cité des sciences et de l’industrie.

CityTaps

Ensuite, Grégoire Landel de CityTaps a pris la parole pour expliquer comment sa startup aide le milliard d’urbains qui n’ont pas accès à l’eau potable. Grâce à un compteur d’eau intelligent à micropaiements, relié à un logiciel de gestion et de facturation, la société favorise une relation gagnant-gagnant entre les opérateurs et les consommateurs. Cinq pays d’Afrique de l’Est, notamment le Kenya, ont manifesté leur intérêt pour cette technologie. La start-up travaille également avec Veolia sur un « proof of concept » à Niamey, au Niger.

Redman
Sandrine Peney et Frédéric Tron de Redman ont présenté le programme COUD (Centre des Œuvres Universitaires de Dakar), une construction de résidences universitaires dans la capitale sénégalaise dont le marché aux loyers élevés place de nombreux étudiants dans des conditions de vie très difficiles. La double ambition de ce projet est de contribuer à bâtir un enseignement supérieur de qualité, ainsi qu’un outil d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Il s’agira d’abord de construire 27 nouvelles résidences sur les 3 campus pour un total de 10,763 nouveaux lits, puis de réhabiliter les 17 pavillons existants qui représenteront alors 7,501 lits en lieu et place des 3,951 actuels. Des jardins de pluie sont également réalisés entre et autour des immeubles pour favoriser l’infiltration et le drainage dans le sol des eaux pluviales.

Wizodia

Yao Attignon, fondateur de la startup Wizodia, a rappelé des chiffres qui confirment la spécificité du marché immobilier africain : 400 millions d’africains auront besoin d’un logement d’ici 2037, 7 procès sur 10 en Afrique sont liés à des litiges fonciers, ou encore 1/3 des 32,5 milliards d’euros envoyés par la diaspora vers l’Afrique sert à l’acquisition de biens immobiliers. L’ambition de cette jeune startup est de professionnaliser les processus de construction qui sont encore trop informels, en accompagnant de A à Z les membres de la diaspora face aux tracas habituels (absence de garanties foncières et juridiques, manque de visibilité sur les démarches administratives, difficultés à trouver les professionnels qualifiés, etc).

Haussmann Group

Grégoire Schwebig d’Haussmann Group a enfin évoqué le futur du workplace en Afrique, fort de ses 7 années d’expatriation au Kenya, où il vit désormais. Les 190 collaborateurs d’Haussmann Groupe accompagnent des multinationales telles que l’Oréal, UBER ou Bolloré dans leurs recherches de bureaux flexibles. Ces groupes se détournant du marché de bureau traditionnel où la défiance est telle que certains bailleurs exigent des dépôts de garantie équivalent à 5 années de loyer. Haussmann Groupe doit également sa réussite à son intégration verticale – atout de taille dans des pays en développement – et donc à sa faible exposition à des sous-traitants qui peuvent manquer de professionnalisme.

Rendez-vous le jeudi 25 octobre pour notre prochain afterwork sur le thème des nouvelles assurances de l’immobilier !

 

 

Inch, pour simplifier la vie des gestionnaires immobilier

Que de frustration dans les copropriétés ! D’une part, les résidents voient les problèmes au quotidien et se plaignent de coûts de gestion très élevés. D’autre part, les professionnels peinent à mettre en lumière le service qu’ils apportent aux propriétaires et aux résidents. La startup Inch a donc créé un logiciel qui permet aux clients et aux prestataires de services de communiquer avec plus de transparence.

Inch se positionne sur l’ensemble des disciplines propres à la gestion immobilière : juridique, administratif, comptabilité, résolution des problèmes, gestion des dossiers, optimisation des charges. On retrouve sur la plateforme SaaS les dossiers importants (travaux, sinistres, contentieux, etc) ainsi que de nombreuses actions automatisées pour valider des devis ou envoyer des rapports aux locataires. Inch est par exemple connectée aux compagnies d’assurance pour accélérer les process. Ainsi, un incident n’est déclaré qu’une seule fois sur la plateforme, et l’ensemble des acteurs de l’écosystème est tenu informé de l’avancement des dossiers. Enfin, des rapports simples et clairs permettent d’agréger des données sur les équipements et donnent des indicateurs clés sur l’état du parc (rentabilité, notoriété, etc).

Thibault et Pierre-Etienne Favre, les deux co-fondateurs, poursuivent l’ambition de faire de Inch le leader de la libéralisation de la gestion de copropriété. En France, déjà plus d’1 appartement en copropriété sur 10 est désormais connecté à Inch. La plateforme encourage les syndics à mettre en ligne tous les documents de la copropriété plutôt que de privilégier une gestion manuelle. La promotion de la numérisation de l’immobilier se heurte souvent la réticence des acteurs du marché mais des progrès sont à noter.

Avec une première levée de fonds d’un montant de 1,5M€ en 2016, Inch a déjà su s’imposer dans 28 000 immeubles, soit 950 000 lots et 2000 utilisateurs professionnels à l’instar d’Immo de France, de Safar ou encore de Square habitat.

Liberkeys, un nouvel acteur sur le segment de la transaction à commission fixe

L’immobilier est un des rares secteurs où les rémunérations variables (en % de la valeur de la transaction) se maintiennent au détriment des rémunérations fixe en valeur absolue. Cependant, comment justifier qu’un agent immobilier perçoit, pour la vente d’un appartement parisien par exemple, une commission deux fois plus importante aujourd’hui qu’il y a 10 ans, uniquement en raison du doublement de la valeur de l’actif. Pire encore, on pourrait considérer que le marché parisien est plus tendu en 2018 qu’il ne l’était dans les années 2000 et qu’il est donc plus « facile » de vendre un bien, ce qui devrait entrainer une rémunération plus faible de l’agent immobilier. Plusieurs entrepreneurs ont fait ce constat et proposent maintenant de jouer le rôle d’intermédiaire à un prix fixe qui ne dépend pas de la valeur du bien. C’est le cas de Liberkeys qui s’est inspiré du modèle développé par PurpleBricks au UK, startup cotée à Londres depuis 2015 avec une valorisation actuelle de 1,5 milliard de dollars.

Avec une commission fixe de 3,990€ au succès et sans engagement, le défi de Liberkeys est de réduire ses coûts en industrialisant le maximum de tâches qui ne nécessitent pas forcément l’intervention de l’humain. Cela va de la valorisation du bien à vendre jusqu’à l’organisation des visites en passant par la publication de l’annonce sur des portails immobiliers (Leboncoin, SeLoger, Bien’ici, etc.). La startup garde néanmoins un accompagnement humain et complet de A à Z (de l’estimation à l’acte authentique), avec un expert local dédié à la vente du bien. Autre valeur ajoutée du modèle Liberkeys, le client (vendeur comme acheteur) peut suivre les différentes étapes de la transaction en toute transparence depuis son espace personnel. L’expérience client semble donc être une priorité. Rien de surprenant lorsqu’on sait que son CEO, Thomas Venturini, a travaillé auparavant chez Amazon.

Avec déjà plus d’une centaine de mandats récupérés et une durée de vente moyenne de 19 jours, Liberkeys grandit vite depuis son lancement en janvier 2018. La semaine dernière elle a annoncé une levée de fonds d’1 million d’€ auprès de Crédit Agricole Immobilier et de plusieurs business angels. Quelques semaines plus tôt c’était son concurrent Proprioo (avec un modèle à commission fixe de 1,990€ mais sans visite) qui annonçait une levée de fonds de 5 millions d’euros.

 

WeMaintain, la plateforme SaaS dédiée à la maintenance des ascenseurs

La profonde transformation de la chaîne de valeur dans le domaine de la maintenance professionnelle des bâtiments n’épargne pas les ascenseurs. Aujourd’hui, les grands ascensoristes (Otis, Schindler, Thyssen, Koné, etc) facturent la maintenance de leurs outils à prix fort mais la situation des techniciens qui interviennent reste précaire, le partage de la valeur n’étant pas en leur faveur.

WeMaintain introduit de nouvelles technologies pour changer le modèle économique d’un secteur peu concurrentiel où les marges peuvent atteindre jusqu’à 50%. Grâce à sa communauté de techniciens indépendants, responsabilisés et motivés humainement et financièrement, l’entreprise apporte un service fiable, davantage de transparence aux clients sur les prix et les opérations.

L’idée est de contourner ces prestataires historiques aux pratiques opaques en mettant directement en relation les clients (syndics, property managers, propriétaires, etc.) avec les techniciens dont le travail reste peu automatisable malgré le développement des capteurs. Les prix des opérations de maintenance sont clairement affichés sur l’interface et le client peut facilement visualiser l’état de son parc d’ascenseurs.

Finalement, dans ce marché, les nouvelles technologies sont loin de remplacer l’homme, au contraire, avec WeMaintain, elle revalorisent l’expertise métier.

Fondée par Benoît Dupont (10 ans chez OTIS), Jade Francine (qui a accompagné des entrepreneurs dans un cabinet d’avocats d’affaires à Shanghai), et Tristan Foureur (développeur informatique), WeMaintain envisage de se développer principalement en Europe et en Asie. Ces deux marchés représentent respectivement 43% et 42% du marché de la maintenance des ascenseurs, tandis que les Etats-Unis ne constituent que 11%. Par exemple, Paris compte 225,000 ascenseurs, alors que New-York n’en recense que 76,000.

Lancé en décembre 2017 lors du SIMI, WeManitain a déjà remporté de nombreux prix prestigieux : Concours de Harvard Business School (vainqueur Europe 2018 et vainqueur Monde prix du public 2018), concours du MIPIM (vainqueur à Hong Kong et finaliste monde 2018), ou aussi BFM Académie Saison 12 (parmi les 4 derniers finalistes, finale le 25 juin 2018). En février dernier, l’entreprise a levé 1,8M€ auprès de la Financière Saint James, le Family office de Michaël Benabou, afin de se donner les moyens de ses ambitions. Leur slogan : “We rise by lifting others”

 

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